La sexualité : un merveilleux terrain d'exploration

Qu'est-ce que la sexualité ? Par quoi est-elle limitée ? Seulement les actes incluant un toucher des zones dites sexuelles dans le but de donner du plaisir, ou est-elle aussi dans tout toucher sensuel, jusque dans la séduction ? Mon objet n'est pas ici de chercher à définir la sexualité strictement, mais de partager ma vision de celle-ci.


La sexualité est pour moi un immense terrain de jeu aux formes multiples et variées, qui permettent d'explorer notre connexion avec les autres, de nouvelles parties de notre identité, de changer notre vision du monde, et de célébrer le fait d'être vivant. Elle est un lieu d'expression et de découverte, d'échange, de joie. Que ce soit embrasser passionnément quelqu'un, faire l'amour en exprimant toute la passion et le respect que l'on a pour l'autre, satisfaire un désir plus brut, pratiquer le BDSM pour expérimenter le rapport entre peine et plaisir, mais aussi des jeux de domination, essayer d'être dans le présent et l'attention aux ressentis de soi et de l'autre avec le Slow Sex, ou une approche tantrique d'utiliser l'énergie sexuelle pour atteindre une illumination spirituelle... Les horizons sont infinies, et de mon point de vue, c'est absolument passionnant.

Comment en suis-je venue là, alors que ma culture occidentale a encore une vision de la sexualité marquée par des tabous, ou une obsession teintée de frustration ? Ma mère est très spirituelle et pratiquait entre autre la méditation, et elle m'a dit un jour que l'acte sexuel pouvait mener à un développement spirituel. Cette idée m'a marquée, et j'ai commencé à faire des recherches, spécialement sur la tantrisme, tout en multipliant les expériences dans une recherche incessante de connexion à l'autre qui dépasserait l'acte sexuel plus « basique ». Puis j'ai commencé à expérimenter ces idées du tantrisme, et ma vision du sexe changea : il ne s'agissait plus seulement de rechercher dans l'excitation à atteindre le but de l'orgasme, mais au contraire essayer d'être dans le moment présent, en un acte presque méditatif, présent à soi-même et à l'autre, essayant d'apprécier pleinement chaque instant sans courir après une satisfaction finale. Plus j'avançais, plus j'apprenais à exprimer mes envies, à demander celles de l'autre, à remarquer quand moi et/ou l'autre n'étaient plus dans ce que nous faisions. Entre ma vie sexuelle personnelle et ma vie sexuelle professionnelle (comme escorte), j'ai eu l'occasion d'expérimenter un certain nombre de pratiques, que ce soit les « plans à trois », l'utilisation d'un god ceinture, le sexe sous forme de méditation, le fétichisme des pieds, le BDSM...


Et justement, mon exploration du BDSM a aussi été des plus intéressantes. Mieux comprendre le rapport entre peine et plaisir, ce que j'aimais dans la soumission, ou au contraire dans la domination, jouer dans un consentement réciproque des rôles que je ne pouvais prendre pleinement dans ma vie quotidienne, vivre le bondage comme une méditation au lâcher prise...

Ces expériences m'ont permis de découvrir et développer des parties de moi que je n'aurais jamais soupçonné, et donc d'agrandir ma liberté intérieure, celle de pouvoir être complexe, multiple, et donc de rendre ma vie bien plus passionnante. Je peux être dans ma sexualité soumise dans le lâcher prise, dominatrice dans le contrôle et le « prendre soin », joueuse et innocente, masculine, féminine, magicienne des énergies, dans une dévotion envers la vie, en méditation,...

J'ai aussi eu la chance d'avoir des expériences sexuelles avec des personnes très différentes, au niveau de la personnalité, mais aussi de l'âge, et du genre, car étant pansexuelle je peux être attirée par des hommes cisgenres*, des femmes cisgenres, des personnes transexuelles ou encore non binaires*. Ou encore avec des couples, des personnes handicapées...

Cela m'a donné une vision très élargie de la sexualité, de la connexion avec un autre être humain, du rapport au corps, du toucher, et aussi énormément de joie. J'avais dès le début de ma vie sexuelle cette intuition fondamentale que la sexualité était un acte naturel, innocent et lumineux qui permettait de se sentir intensément vivant. Mais cette intuition s'est vue barrée la route par tde nombreux préjugés : une image fixe de la beauté qui crée des complexes par rapport à son corps, l'idée qu'une femme qui a trop de partenaires sexuels est une « salope », le manque de communication et d'imagination dans la pratique sexuelle la plus répandue, l'idée d'une sexualité qui peut être déviante et malsaine (ce qui est dit du BDSM par exemple)...


La voie vers une sexualité libérée, lumineuse, assumée et exploratrice semble être semée d'embûches. Il y a le regard des autres, mais surtout votre regard envers vous-mêmes. Nous avons été éduqués dans l'image qu'à notre culture de la sexualité, avec ses jugements et ses restrictions. Si vous voulez vous libérer, bien plus qu'une bataille avec les autres, ce sera une bataille avec vous-mêmes. Mais je voudrais vous apporter la bonne nouvelle que cette voie est possible, et qu'il y a tant à découvrir au sujet de ce que ça veut dire d'être en vie, et d'être humain, en la prenant.

De plus, développer une sexualité consciente équivaut à faire un travail intérieur qui a des effets dans toutes les autres zones de notre vie. Apprendre à communiquer nos désirs, à savoir si l'on consent ou pas, à prendre plusieurs rôles, sert dans de nombreuses situations considérées non sexuelles. Cela a aussi une portée éthique : apprendre à mieux accepter l'autre en s'acceptant mieux soi-même, à se soucier des valeurs de respect et d'empathie, à cultiver le désir de communiquer et de s'accorder avec nos semblables.

J'aimerais vous inviter, si vous le souhaitez, à développer les outils qui vous permettront d'explorer vous-mêmes et le monde à travers la sexualité, à vous jeter dans cette aventure avec joie, curiosité et innocence, pour ressentir intensément cette vie qui nous anime, et inviter vos partenaires dans une danse qu'ils ne sauront oublier.


Joyeusement,


Emy Phoenix


*cisgenre : une personne dont le genre auquel elle s'identifie correspond au sexe qui lui a été attribué à la naissance. Par exemple, une personne née avec un sexe féminin qui s'identifie comme une femme est cisgenre.

*personne non binaire : une personne dont le genre n'est pas féminin ou masculin, donc en dehors de cette binarité, comme les personnes genderfluid, non binaires, agenres...


Dans mes articles, je fais beaucoup d'affirmations. C'est difficile pour moi car en tant qu'ancienne étudiante en philosophie, je voudrais expliquer en détail ma pensée et donner des arguments solides, mais cela ne convient pas au court format de ces articles. Je voudrais juste préciser que je ne prétend pas dire une vérité générale, juste ma propre vérité à ce moment précis de ma vie, qui va changer et évoluer au fil du temps.

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